Nouvelle réglementation, nouvelles opportunités ! Depuis le 23 septembre 2025, la communauté d’agglomération applique un zonage pluvial qui vous concerne directement. Bonne nouvelle : gérer vos eaux pluviales sur votre parcelle, c’est possible, économique et bénéfique pour votre jardin.
L’eau de pluie est une ressource précieuse et la préserver en la gérant sur votre parcelle est essentielle.
> Prenez quelques minutes pour comprendre les enjeux
Cette notice vous accompagne pas-à-pas dans votre projet. Elle est associée à un guide illustré reprenant les meilleures références disponibles pour bien comprendre ce qu’est la gestion des eaux pluviales à la parcelle.
> Consultez les références à ne pas rater !
Suivre les étapes proposées vous permettra de vous assurer de répondre aux règles et recommandations pour la gestion des eaux pluviales en vigueur.
> Consultez les règles et recommandations pour la gestion des eaux pluviales
En cas de doute, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un professionnel (paysagiste, architecte, constructeur, entreprise de construction ou de terrassement).
La gestion des eaux pluviales est un élément structurant de votre projet, au même titre que l’implantation de votre maison, de votre jardin ou de vos accès. Il est donc indispensable d’y penser dès les premières étapes de votre projet.
Pourquoi si tôt ?
- Pour intégrer vos dispositifs de gestion des eaux pluviales de manière harmonieuse aux aménagements de votre parcelle.
- Pour éviter les mauvaises surprises : règles obligatoires difficiles à respecter une fois le projet trop avancé, coûts supplémentaires liés à des travaux non prévus, aménagements subis et peu esthétiques, retards pour votre projet ou, dans le pire des cas, remise en cause complète.
Moins une parcelle est imperméabilisée, plus elle est capable de gérer naturellement l’eau de pluie. À l’inverse, enterrer l’eau, même sur de faibles profondeurs, complique sa gestion à la parcelle.
- Limitez les surfaces revêtues : certaines places de stationnement ou cheminements peuvent être réduites ou rester en pleine terre, engazonnés ou végétalisés.
- Aménagez des surfaces perméables et « autonomes » : en combinant un revêtement perméable et une structure d’infiltration, un espace peut infiltrer directement l’eau qu’il reçoit, sans nécessiter un dispositif complémentaire.
- Végétalisez les toitures : cela permet de retenir une partie des eaux de pluie, tout en améliorant le confort thermique et la biodiversité.
- Guidez l’eau naturellement : privilégiez un écoulement en surface et gravitaire, en vous appuyant sur les pentes du terrain et des aménagements simples, sans recours aux tuyaux ni au pompage.
> Quelques recommandation pour le chemin de l’eau en surface et les revêtements perméables
Pour gérer l’eau de pluie sur votre parcelle, vous devez prévoir des dispositifs de gestion des eaux pluviales qui retiennent temporairement l’eau et lui laissent le temps de s’infiltrer dans le sol en respectant 2 principes de base.
- Répartissez et étalez les écoulements : multipliez les points d’infiltration et utilisez la plus grande surface possible pour étaler l’eau. Vous pouvez installer plusieurs descentes de gouttière pour diriger l’eau vers différents endroits de votre terrain.
- Choisissez des dispositifs simples et efficaces : privilégiez les espaces verts creux et complétez par des structures d’infiltration sous les surfaces aménagées extérieures.
Les espaces verts creux : simples, rustiques, peu techniques et polyvalents
Pelouse, jardin de pluie, noue, massif arboré, … Ces espaces verts légèrement creusés ou entourés de petits talus recueillent l’eau des toitures et des surfaces aménagées. Il est facile à réaliser, peu coûteux et esthétique en s’intégrant naturellement au jardin. Efficaces pour l’infiltration, il est aussi bénéfique pour la biodiversité.
> Découvrez en détail les espaces verts creux
Les structures d’infiltration : plus techniques, sensibles et exigeant un savoir-faire
Une couche de cailloux poreux est placée sous une voie, un stationnement, une cour, etc. L’eau est stockée temporairement dans les cailloux, puis s’infiltre progressivement dans le sol. Elle sert à la fois de support solide et de réservoir temporaire pour stocker et infiltrer l’eau.
Elle nécessite une mise en œuvre soignée. Elle est particulièrement utile sous les surfaces que vous souhaitez aménager (terrasse, allée, parking) tout en gardant leur fonction d’usage.
> Découvrez en détail les structures d’infiltration
Infiltrer à proximité des bâtiments, c’est possible ?
Oui, à condition de prendre des précautions :
- Prévoir une surface d’infiltration suffisante. Mieux vaut étaler l’eau sur une grande surface et multiplier les lieux d’infiltration que de concentrer de gros volumes en un seul point. Idéalement, la surface d’infiltration devrait au minimum représenter 30% de la surface d’apport (3 m² collectés à infiltrer sur au moins 1 m²) et ne jamais être inférieure à 10% (10 m² collectés à infiltrer sur au moins 1 m²).
- Respecter une distance minimale. Les fondations des bâtiments sont conçues pour être dans un sol susceptible de contenir de l’eau. Il reste prudent d’éviter d’amener trop d’eau juste au pied des murs. Si de gros volumes d’eau arrivent et selon la nature de la construction, prévoyez 2 ou 3 mètres de distance entre le dispositif et le bâtiment.
- Protéger si besoin. Les problèmes d’humidité viennent le plus souvent de l’eau naturellement présente dans le sol (nappe, source). En cas de sous-sol ou de risque particulier, une étanchéité renforcée peut être prévue au pied du bâtiment (par exemple avec une géomembrane).
En cas de doute, n’hésitez pas à demander conseil à un professionnel : architectes, constructeurs, entreprises de travaux.
Faut-il tester ? Connaître la vitesse d’infiltration précise n’est pas absolument nécessaire. Il faut d’abord s’assurer d’étaler l’eau de pluie (étape 5) et vérifier où elle peut déborder (étape 6).
Alors pourquoi tester ? Cela permet d’ajuster au mieux la surface des dispositifs de gestion des eaux pluviales et d’anticiper leur fonctionnement.
Quand est-ce obligatoire ? Dès que la surface d’apport du projet dépasse 300 m² (calcul de la surface d’apport à l’étape 5).
Où tester ? Directement à l’endroit et à la profondeur prévus pour l’infiltration pour que les mesures soient représentatives.
Comment tester ? En faisant appel à une entreprise spécialisée. Il est aussi possible d’évaluer seul la capacité d’infiltration de son terrain en réalisant un essai en autonomie.
> Découvrez comment réaliser un essai d’infiltration en autonomie
Le test d’infiltration est-il indispensable pour infiltrer l’eau de pluie ?
Non, et voici une bonne nouvelle : il n’existe quasiment aucun terrain qui n’infiltre pas du tout !
L’infiltration, c’est avant tout une question de surface, pas seulement de type de sol. Plutôt que de se demander « mon sol est-il perméable ou imperméable ? », la vraie question est : « quelle surface puis-je mobiliser pour l’infiltration ? ».
Le principe est simple : plus vous étalez l’eau sur une grande surface, plus elle s’infiltre rapidement. Si vous doublez la surface d’infiltration, l’eau stockée temporairement pénètrera dans le sol deux fois plus vite !
En pratique :
- Un sol argileux peut très bien infiltrer si on lui donne suffisamment de surface
- Un sol sableux permettra d’utiliser des surfaces plus petites
Dans tous les cas, privilégiez plusieurs points d’infiltration répartis plutôt qu’un seul gros dispositif.
Une fois le type et le lieu d’implantation des dispositifs choisis, vous devez préciser leur taille et leur capacité.
Pour cela, vous pouvez utiliser le formulaire d’aide au respect des règles et recommandations du zonage pluvial. En cas de demande d’urbanisme, il vous servira de justificatif de dimensionnement.
> Téléchargez le formulaire d’aide au dimensionnement
Pour le compléter, vous aurez besoin de connaître :
- la surface d’apport, comprenant la construction et toutes les surfaces aménagées ;
- la vitesse d’infiltration, si elle a été mesurée.
Le formulaire calcul automatiquement les dimensions minimales à respecter pour le dispositif :
- le volume de stockage temporaire;
- la surface d’infiltration, correspondant à l’emprise du dispositif ;
- une indication de sa profondeur moyenne.
Ces cinq paramètres sont à reporter sur votre plan d’aménagement sur lequel vous aurez représenté chaque dispositif et le parcours que suivra l’eau sur le terrain.
C’est un travail itératif : le dimensionnement peut amener à ajuster le choix des dispositifs, les surfaces à gérer ou certains éléments de votre projet.
Calculez la surface d’apport de votre projet :
La surface d’apport comprend toutes les surfaces envoyant leurs eaux vers le dispositif de gestion des eaux pluviales :
– Les surfaces bâties (1), y compris avec des toitures végétalisées ;
– Toutes les autres surfaces aménagées collectées par le dispositif, comprenant les revêtements imperméables (2) & les revêtements perméables avec une structure d’infiltration lorsqu’ils reçoivent aussi l’eau d’autres surfaces (3).
Les autres surfaces à connaître sont :
– Les surfaces de toitures végétalisées (4) ;
– Les surfaces « autonomes » (5), c’est-à-dire les surfaces avec un revêtement perméable et une fondation adaptée, qui infiltrent uniquement la pluie qu’elles reçoivent.
Face aux pluies exceptionnelles, il est impossible d’arrêter complètement l’écoulement de l’eau. L’objectif n’est pas de tout retenir, mais de gérer les écoulements sans danger.
Que faire de l’eau qui déborde de vos dispositifs ?
- Le principe : Tout projet doit prévoir les débordements éventuels de ses dispositifs lors des pluies exceptionnelles.
- Ce qui est obligatoire : Ces débordements doivent être dirigés vers des zones sûres pour éviter tout dommage aux biens et aux personnes habitant en aval.
- Ce qui est normal : Une inondation temporaire d’un jardin, d’une voie ou d’une cour n’est pas un sinistre.
- Comment faire ? Lors de la conception, tracez mentalement le parcours que suivra l’eau en cas de débordement et assurez-vous qu’elle s’évacue vers des espaces sans risque (jardin, voie publique, fossé…).
Que faire de l’eau qui arrive de l’amont ?
- Pourquoi s’en préoccuper ? Au-delà des cours d’eau visibles, il peut exister des écoulements venant de l’amont qui traversent votre terrain lors des pluies exceptionnelles.
- Que faire ? Il faut prendre en compte cet écoulement dans votre aménagement pour le laisser passer sans danger : c’est ce qu’on appelle le parcours à moindre dommage de l’eau.
- Comment savoir si vous êtes concerné ? Consultez la cartographie du PLUiH, rubrique « vulnérabilité aux inondations par ruissellement »
Si votre terrain est identifié comme vulnérable, il est soumis aux règles et recommandations de l’article 17 de la notice réglementaire du zonage pluvial.
>Le règlement graphique du PLUi-H : la carte intéractive
Ce qu’il faut retenir sur l’écoulement naturel de l’eau :
C’est normal et prévu par la loi. L’eau de pluie s’écoule naturellement d’un terrain vers l’autre. C’est légal et personne n’est tenu de retenir l’eau au-delà d’un niveau de pluie exceptionnel.
Les 3 règles de base sont :
- Vous ne pouvez pas rejeter directement l’eau de vos gouttières chez votre voisin.
- Votre voisin du bas ne peut pas vous empêcher de laisser s’écouler naturellement l’eau de pluie
- Vous ne devez pas aggraver artificiellement cet écoulement.
> Téléchargez le formulaire d’aide au respect des règles et recommandations
- Fournissez le formulaire d’aide au respect des règles et recommandations du zonage pluvial complété : il sert de justificatif de dimensionnement
- Joignez le plan d’aménagement du projet représentant les dispositifs de gestion des eaux pluviales et leurs caractéristiques principales, calculées à l’étape
Le formulaire n’est pas obligatoire, mais son utilisation est fortement recommandée. Il facilite le travail du pétitionnaire et du service instructeur.
Où envoyer les documents ?
- Dans le cadre d’une demande d’autorisation d’urbanisme (déclaration préalable, permis de construire, permis d’aménager) : joindre les documents au dossier transmis à la mairie.
- Dans les autres cas : envoyer les documents par mail au service GEPU de Lannion-Trégor Communauté, avec demande d’accusé de réception : zonage.pluvial@lannion-tregor.com
- Respectez scrupuleusement le dimensionnement : assurez-vous que le volume de stockage et la surface d’infiltration (= son emprise au sol) correspondent bien à ce qui a été déclaré dans la demande d’autorisation.
- Protégez les zones d’infiltration pendant les travaux : faites-en sorte de ne pas compacter les zones prévues pour l’infiltration de l’eau en suivant quelques conseils simples.
- Vérifiez l’état final du chantier : assurez-vous que les zones d’infiltration sont intactes, non compactées, non colmatées et non polluées.
Pourquoi ne faut-il pas compacter le sol ?
Un sol compacté perd sa capacité à laisser pénétrer l’eau qui peut stagner longtemps dans les dispositifs. Préserver la porosité naturelle du sol est donc essentiel pour que l’eau s’infiltre facilement, sans débordement. Quelques conseils pratiques :
- Évitez le passage répété d’engins lourds sur les zones d’infiltration. Si vous devez y circuler, utilisez des plaques de répartition.
- Privilégiez le godet à dents plutôt que le godet à lame pour décaper ou décaisser : il aère le sol sans le lisser et limite le tassement.
- Préservez la terre végétale : elle est précieuse car elle contient la vie biologique et la structure qui favorisent l’infiltration. Si vous devez terrasser, stockez-la soigneusement et réutilisez-la.
- Végétalisez les surfaces d’infiltration avec un couvert pérenne de vivaces et, si possible, plantez des arbres et arbustes locaux : leurs racines profondes entretiennent la porosité du sol et facilitent l’infiltration.
- Évitez de stocker des matériaux sur les zones d’infiltration : leur poids tasse le sol et réduit fortement sa capacité à absorber l’eau.
Ces gestes simples assurent l’efficacité de vos aménagements et vous évitent d’attendre de longs mois avant que le sol retrouve sa capacité à absorber l’eau.
Il est important de surveiller régulièrement vos dispositifs, surtout les premiers temps.
Que faire si l’eau met plus de temps à s’infiltrer que prévu ?
Après la réalisation d’un projet, il est normal que l’infiltration de l’eau soit plus lente que prévu, surtout sur un terrain récemment remanié. Le sol a souvent besoin de 1 à 2 ans pour retrouver sa perméabilité naturelle. C’est pourquoi il est essentiel de ne pas compacter ni terrasser inutilement les zones prévues pour l’infiltration, afin de laisser le sol se rétablir progressivement.
Si, malgré tout, la perméabilité reste plus faible que ce qui avait été mesuré, la solution consiste à augmenter la surface d’infiltration, pour que le dispositif continue de fonctionner efficacement.
Quel entretien prévoir ?
Vos dispositifs d’infiltration demandent peu d’entretien, mais quelques gestes simples garantissent leur bon fonctionnement dans le temps.
- Les espaces verts creux nécessitent un entretien classique de jardin : tonte raisonnée, taille des arbres et arbustes, plantations.
- Pour les structures d’infiltration, vous devez vérifier régulièrement les bouches d’injection (là où l’eau arrive) et les bouches de décharge (là où l’eau peut déborder). Assurez-vous qu’elles ne soient pas colmatées et que l’eau y transite correctement.
Les moustiques, faut-il s’en inquiéter ? Comment les éviter ?
Les larves de moustiques se développent lorsqu’il fait chaud. Elles ont besoin d’eau stagnante au moins 8 jours d’affilés, ce qui n’est pas le cas dans les dispositifs d’infiltration. Des précautions simples permettent de s’assurer que les dispositifs restent efficaces et sûrs, sans favoriser la prolifération des moustiques :
- s’assurer que le niveau d’eau ne stagne pas et que la vidange ne dépasse pas 4 jours durant les périodes de reproduction des moustiques ;
- répartir les écoulements sur de grandes surfaces d’infiltrations plutôt que de les concentrer en un seul point, surtout sur les terrains peu perméables ;
- éviter les regards étanches et tout ouvrage qui pourraient retenir l’eau trop longtemps.
