Une structure d’infiltration est une excavation peu profonde remplie d’un matériau poreux (grave poreuse), permettant de stocker temporairement les eaux pluviales avant infiltration.
Cette structure remplit une double fonction : elle sert d’assise mécanique à un espace revêtu et de dispositif de gestion des eaux pluviales.
Les structures d’infiltration sont souvent associées aux « chaussées à structure réservoir », mais elles peuvent être mises en œuvre sous tout type d’espaces revêtus : trottoirs, parkings, pistes cyclables, places publiques, cours d’école, terrains de sport, terrasses, etc. »
Espace vert creux ou structure d’infiltration ?
Les structures d’infiltration demandent une mise en œuvre très soignée et un entretien régulier pour fonctionner correctement. C’est pourquoi les espaces verts creux sont prioritairement recommandés quand c’est possible : ils sont plus simples et moins exigeants.
Si une structure d’infiltration est nécessaire, soyez particulièrement vigilant sur :
- l’injection de l’eau (alimentation du massif) ;
- la répartition (circulation de l’eau dans la structure) ;
- le débordement (gestion du remplissage, de la mise en charge et du débordement).
Concevoir finement : profondeur et nivellement
L’épaisseur du massif d’infiltration doit d’abord répondre aux besoins structurels de l’espace à aménager. Elle peut être ajustée à la marge pour augmenter le stockage temporaire et le niveau de service hydraulique.
- De 20 à 40 cm : structure légère, particulièrement adaptée aux réhabilitations avec une simple reprise du revêtement et/ou à la création d’une structure légère (trottoir, voie cyclable, accès véhicule léger à une habitation, etc.).
- De 40 à 70 cm : structure cohérente avec la création d’une structure neuve ou une reprise importante et nécessaire d’une structure existante, épaisseur standard dans pour la plupart des usages.
- Au-delà de 70 cm : généralement synonyme d’un surdimensionnement ou d’un excès de matériaux poreux au regard des besoins réels de structure, à justifier techniquement avant mise en œuvre.
Dans l’idéal, les massifs d’infiltration sont à implanter à plat ou sur faible pente (1% maximum).
Si la pente est trop importante, cela réduit le volume temporaire de stockage. Un cloisonnement peut alors être mis en place selon un espacement calculé pour optimiser ce volume et s’assurer qu’il respecte les règles du zonage pluvial.
Les cloisons sont à réaliser au fur et à mesure de la mise en œuvre des couches d’assise de la chaussée (fondation-base) à partir d’un matériau très peu filtrant et/ou, selon les cas, d’une géomembrane.
Injection et débordement : 2 points clés
Afin de garantir le fonctionnement sur le long terme, le massif d’infiltration composant la structure et les organes associés doivent être parfaitement réalisés, protégés durant les phases provisoires et entretenus durant et après la réalisation de l’opération. Cela concerne en particulier les modalités d’injection, de répartition et de mise en charge/débordement.
La qualité de l’injection détermine la durabilité de la structure. L’eau doit être « propre » et bien répartie.
- Alimentation directe avec par revêtement perméable
L’eau traverse directement le revêtement perméable et pénètre le massif d’infiltration. La conception est simple (pas d’ouvrages de collecte ou d’injection), l’entretien réduit et le risque de colmatage limité.
Il faut limiter autant que possible la surface collectée à celle strictement au-dessus de la structure. Dans le cas contraire, il faut veiller à limiter les surfaces collectées.
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- Si d’autres surfaces aménagées : limiter à un maximum 3 m² collectés pour 1 m² revêtement perméable.
- Si des eaux de toitures sont renvoyées directement sur le revêtement perméable, le risque est réduit.
> Découvrez les types de revêtements perméables
- Alimentation indirecte avec décantation, filtration et répartition
L’eau passe par des grilles ou gouttières par un regard de décantation (180-250 L minimum) avant une injection dans le massif. Ce mode d’alimentation nécessite :
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- un système de filtration ou, à minima, d’un dispositif type « coude plongeant » pour empêcher l’entrée de flottants ;
- un système de réparation réalisé avec des drains (Ø100 à 250 mm), avec cunette pour maîtriser les fines qui sont soient récupérées dans une décantation amont/aval, soit hydrocurée.
L’entretien est plus important et le risque de colmatage du massif plus élevé.
Tout projet d’aménagement doit anticiper les conséquences potentielles des pluies exceptionnelles qui provoqueront un débordement de la structure d’infiltration selon un parcours à moindre dommage.
La structure se remplit progressivement jusqu’à saturation complète. À ce stade, une surverse s’effectue en surface. Un regard à débordement avec grille peut être installé au point bas pour visualiser le niveau de remplissage et faciliter l’entretien.
- Pour les projets neufs, le débordement doit se faire en surface, par le revêtement perméable ou le regard à débordement.
> Consultez les recommandations pour réaliser un chemin de l’eau en surface
- Dans le cas d’une opération de déconnexion, la surverse peut être dirigée vers un réseau avec un contrôle de mise en charge par une cheminée de surverse.
> Consultez les recommandations concernant les opérations de déconnexion
Entretenir et maintenir le bon fonctionnement
Un entretien adapté limitera les risques de colmatage de la structure d’infiltration.
Si l’alimentation du massif d’infiltration est directe, un décolmatage occasionnel de surface peut être à prévoir avec du matériel adapté et, le cas échéant, l’entretien de la végétation existante à proximité (ramassage des feuilles notamment).
Si l’alimentation du massif d’infiltration est indirecte, une surveillance et un entretien régulier est indispensable.
- Nettoyage des avaloirs, regards à décantation et filtres 2 fois par an et après chaque pluie significative.
- Hydrocurage du système de drains de répartition si nécessaire.
En cas de pollution accidentelle, un pompage d’urgence est indispensable, suivi d’un remplacement des matériaux contaminés.