Le débit de la rivière joue un rôle essentiel dans le cycle des espèces aquatiques !
Les besoins en eau des poissons et des macro-invertébrés évoluent tout au long de l’année, en fonction de leur stade de vie et de leurs besoins en matière de reproduction, de croissance, d’alimentation ou de déplacement. Au fil des saisons, les variations de débit influencent directement les conditions de vie dans la rivière : la quantité d’habitats disponibles, la température de l’eau, son oxygénation ainsi que les possibilités de déplacement des espèces.
Pendant les périodes de hautes eaux (hiver/printemps), les débits sont plus élevés et les crues peuvent favoriser les déplacements des espèces et leur accès à des habitats riches en nourriture.
Ils sont particulièrement importants pour les espèces migratrices, comme le Saumon Atlantique ou l’Anguille européenne, qui doivent pouvoir se déplacer entre la mer et les rivières et franchir certains obstacles.


De plus, ces débits remettent en mouvement les sédiments qui se sont déposés au fond de la rivière. Ce phénomène, appelé décolmatage, permet notamment de rendre accessibles les frayères, c’est-à-dire les zones où les poissons déposent leurs œufs.
Pendant les périodes de basses eaux, ou d’étiage (été/automne), le débit naturel de la rivière diminue. Les espèces se concentrent alors dans les zones de refuge, plus favorables à leur survie, comme les profonds et les radiers ombragés.

Lorsque le débit devient trop faible, les conditions de vie peuvent se dégrader. L’espace disponible pour les espèces diminue, l’eau se réchauffe plus facilement et les polluants peuvent être davantage concentrés.
La hausse des températures est particulièrement importante en période estivale. Une eau plus chaude contient généralement moins d’oxygène dissous, ce qui peut mettre certaines espèces en difficulté. Par exemple, la température de l’eau maximale de résistance de la Truite fario adulte est 25° C.
Au cours de l’année, les variations naturelles du débit constituent un signal pour les espèces aquatiques. Elles indiquent les périodes favorables aux déplacements, à la reproduction, à l’alimentation ou encore à la croissance. Ce fonctionnement ne se répète toutefois pas exactement de la même manière chaque année. Certaines années sont plus sèches, d’autres plus humides.
Les variations au fil des saisons et des années contribuent à maintenir la diversité des habitats et les conditions nécessaires au bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques.
Pour plus de détail sur les besoins des milieux, consulter la brochure SAGE 22 /SDAEP 22 (page 2)